Le futsal vu par ses stars ...
Un peu plus d'an après la victoire de l'Espagne au Championnat du Monde de Futsal de la FIFA, Chinese Taipei 2004, FIFA.com a rencontré trois des plus grandes stars du futsal - Andreu, Schumacher et Gabriel - afin de dresser un bilan de santé de la discipline.
☺ Il y a un peu plus d'un an au Chinese Taipei, l'Espagnol Javier Lozano soulevait pour la deuxième fois consécutive le trophée du Championnat du Monde de Futsal de la FIFA. Depuis, les champions en titre, ainsi que le Brésil, hôte de la prochaine édition de l'épreuve, ont commencé à travailler d'arrache-pied afin de se préparer pour la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, Brésil 2008.
Le plus beau moment
Agé de 31 ans, Andreu a déjà tout remporté. Cela dit, l'Espagnol n'est pas près d'oublier la date du 5 décembre 2004. Ce jour-là dans la salle de l'Université nationale de Taiwan, La Furia, championne du monde en titre, réussit à conserver sa couronne mondiale en dominant l'Italie en finale (2:1).
"Ce titre de champion du monde en Chine a été le plus beau moment de ma carrière. Malgré notre statut de champions sortants, on ne nous donnait pas favoris avant le tournoi, se souvient-il. Je pense que beaucoup de gens s'attendaient à nous voir perdre en demi-finale. Mais nous avons travaillé dur, et l'esprit positif insufflé par Javier Lozano a fait le reste."
Le 3 décembre, dans une demi-finale palpitante, l'Espagne et le Brésil n'arrivent pas à se départager au bout du temps réglementaire (2:2). On en vient donc à l'énervante épreuve des tirs au but, au cours de laquelle les hommes de Lozano finissent par s'imposer.
"Quand je regarde l'équipe alignée par le Brésil, je me dis que nous avons réussi quelque chose de vraiment exceptionnel, poursuit Andreu. Techniquement, les Brésiliens étaient supérieurs, mais nous savions qu'en faisant preuve de cohésion, nous pouvions passer. Ç'a été un match très intense. Au coup de sifflet final, on a senti qu'ils étaient soulagés d'avoir atteint les penaltys. Après, c'était la loterie. On a tiré le bon numéro".
"Après avoir battu le Brésil en demi-finale, c'était comme si on était déjà champions du monde. Vous auriez dû voir l'atmosphère dans le bus en revenant à l'hôtel ! C'était le délire. Je pense qu'inconsciemment, on se disait que plus rien ne pouvait nous arriver. Le trophée était pour nous."
Dans le camp adverse, le partenaire d'Andreu au FS Interviu Boomerang, Schumacher, trouvait une consolation dans la défaite.
"Evidemment, j'étais triste d'avoir perdu. Mais en même temps, j'étais content pour l'Espagne, car j'ai pas mal de potes dans cette équipe. Après tout, je vis en Espagne, donc quitte à perdre, autant que ce soit contre mon pays d'adoption", explique le Brésilien.
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Toujours travailler
☺ En 2008 au Brésil, l'Espagne défendra donc sa couronne mondiale pour la deuxième fois consécutive. Bien que l'échéance paraisse lointaine, les deux sélections sont déjà entrées dans le vif du sujet, comme l'explique Andreu : "Nous avons déjà commencé à reconstruire l'équipe et à introduire du sang neuf, car certains joueurs ne seront plus disponibles en 2008. Je dis toujours qu'un joueur atteint son meilleur niveau à l'âge de 30 ou 31 ans. Ce n'est pas par hasard si c'est exactement la moyenne d'âge de l'équipe d'Espagne championne du monde. L'idéal serait de pouvoir emmener au Brésil un groupe composé de quelques joueurs expérimentés pour encadrer les jeunes talents émergents. C'est une formule qui fonctionne bien."
Le Brésil est lui aussi en plein chantier. "Beaucoup de choses ont changé dans l'équipe, explique Schumacher. Je suis très optimiste pour l'avenir, car la nouvelle politique est de sélectionner les meilleurs, ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé. De plus, nous avons travaillé certains aspects de notre jeu. Mais nous devons encore absolument progresser sur le plan tactique, pour rattraper l'Espagne. Dans ce domaine, c'est incontestablement la meilleure équipe du monde en ce moment.
Le futsal a beaucoup changé. L'Espagne en est le parfait exemple. Ce n'est pas un hasard si ce pays a tant progressé. Il y a quelques années, les joueurs avaient un boulot à temps partiel. Aujourd'hui, ils sont entièrement professionnels. Je pense que dans les deux ans qui viennent, le jeu va encore évoluer. C'est pourquoi au Brésil comme en Espagne, on n'arrête pas de travailler pour rester au top."
Analyse que partage Andreu : "Ce sera encore plus dur la prochaine fois. Javier Lozano est un gagneur. Il va donc être de plus en plus dur de franchir les portes de l'équipe nationale. Nos adversaires s'améliorent sans arrêt. Il est évident que pour conserver notre titre, il faudra être encore plus fort en 2008".
Exploits individuels contre organisation tactique
Schumacher et son jeune coéquipier Gabriel ne regrettent pas leur décision de venir jouer en Europe. "Depuis que je suis arrivé en Espagne, j'ai énormément progressé sur le plan tactique, explique Schumacher. Au Brésil, les terrains sont plus petits. On compte beaucoup sur les exploits individuels alors qu'ici, il faut savoir réfléchir."
"En Espagne, au Portugal, en Italie ou encore en Russie, le futsal est pris plus au sérieux. Le jeu est plus organisé", ajoute Gabriel qui, à l'âge de 25 ans, symbolise la nouvelle génération du futsal brésilien.
Soit, mais les Brésiliens ne restent-ils pas les plus grands artistes du ballon rond ? "Oui, complètement, acquiesce Schumacher. Les joueurs brésiliens sont par nature de très bons techniciens, alors que chez les Européens, c'est le sens tactique qui prédomine. Prenez Ronaldo ou Ronaldinho par exemple. Balle au pied, ils font des trucs que vous ne voyez nulle part ailleurs. En deux ou trois mouvements, ils sont capables de vous gagner un match. En futsal, c'est la même chose."